Il n'y a pas dans l'histoire du « Ballon d'Or France- Football » qui remonte à plus d'une moitié de siècle, en 1956 très précisément, un vainqueur qui, comme, cette année, Lionel Messi n'a trusté autant de votes. A l'exception de cinq jurés sur un total de 96, tous ont vu en le petit Argentin, l'homme de 2009. Choix unanime, incontestable, tant pour le palmarès que pour son action sur le terrain : Messi est un énorme joueur qui marque et fait marquer en renvoyant toujours l'image du gamin qui s'amuse du bon coup qu'il a réussi. Il a de surcroît la chance superbe- et méritée- d'évoluer au sein d'une équipe, le Barça, où le football est considéré comme le plus beau des arts. Sept Ballons d'Or depuis l'origine sont issus du Barça, et ce n'est évidemment pas un hasard.
Lionel Messi est aussi le premier joueur argentin à obtenir ce sacre devenu suprême, sorte de passeport pour la gloire éternelle. Il fait ainsi office de pionnier pour une nation absolument, totalement acquise, mieux, rendue au football. L'Argentine, presqu'autant que le Brésil, est un trésor, un vivier extraordinaire de talents de toutes espèces à crampons, et l'OM le constate encore aujourd'hui avec Heinze et Lucho Gonzalez.
Messi est-il pour autant le plus grand joueur né de ce pays où le ballon éclot partout ? Mais non ! Je sais que les comparaisons ne sont pas possibles, ni même permises, eu égard à l'évolution physique, tactique de notre sport favori lequel s'est engagé dans la voie de l'engagement à toute force, à tout crin, à tout prix. La plupart des matchs, à tous les niveaux de compétition, sont devenus des combats ; ils constituaient jadis un spectacle lorsque les tribunes applaudissaient un tir, un dribble, un arrêt de gardien. Aujourd'hui, elles hurlent, ces tribunes, le plus souvent déconnectées avec le jeu en lui-même. Pour dire que, si Messi est une perle de joueur dans une équipe magnifique, il me semble encore loin de son idole, Diego Maradona. « El Pibe » détenait un pouvoir quasi surnaturel sur son équipe de club, que ce fût Barcelone et plus tard Naples, ou sur la sélection argentine à qui il offrit, presque seul, le titre de champion du monde 86 et celui de vice- champion quatre années plus tard. La différence entre un Dieu et un Messi, si j'osais... Et j'ose !